Le Contrat d’Engagement Educatif


Voilà ce que permet le Contrat d’Engagement Educatif :

Les animateurs, au nombre de 3, faisaient tous offices de conducteurs, donc 3 animateurs pour 3 véhicules de 12 places.

Ils devaient :

  1. Encadrer les 20 adolescents,
  2. S’occuper de la gestion du budget qui leur était alloué pour la nourriture, l’hébergement et les activités qu’ils devaient dénicher au meilleur prix !
  3. Préparer les repas
  4. Assurer le transport des mineurs
  5. Prévoir les réservations des nuitée

Les animateurs rémunérés à hauteur de 20 euros par jour étaient tenus de travailler 7j/7, 24h/24. L’animatrice à l’origine de l’accident et grièvement blessée n’est pas reconnue en accident du travail.

L’organisme qui est une agence de voyages a exploité une main d’œuvre corvéable à merci sans qualification dans le tourisme et le transport. Une main d’oeuvre qui n’est soumise à aucune règle élémentaire du Code du travail. Il a parfaitement cerné les failles de la réglementation existante et décharge sa responsabilité sur ses équipes d’encadrement qu’il instrumentalise sous couvert d’une pseudo vocation populaire et sociale.

Ce drame est le révélateur des dérives du Contrat d’Engagement Educatif lorsqu’il est utilisé à des fins de profitabilité pure par des organisateurs, peu scrupuleux.

Notre association dénonce la dérive certaine d’un système qui initialement était construit autour du volontariat, un système avec de vraies vocations sociales et populaires qui aujourd’hui disparaissent. Les colonies de vacances sont devenues du tourisme rentable. Le secteur a d’ailleurs été infiltré par des organismes purement marchands qui malgré ces temps de crise, revendiquent des chiffres d’affaires conséquents et une belle croissance.  Dans un communiqué de presse TELLIGO (leader sur le secteur privé) se targue d’un chiffre d’affaires très honorable et annonce même réinvestir 1,3 millions d’euros dans la communication soit 8 % de son CA . Dès lors, pourquoi ne pas penser que les associations s’en tirent aussi bien ?

Car malgré le CEE, les séjours pour mineurs sont couteux et les prestations sont médiocres. Aucun adulte ayant payé presque 3 000 euros n’accepterait de dormir par terre, de rouler des nuits entières avec des animateurs qui leur demandent de les tenir éveillés en chantant ou en mettant la clim à fond ? De manger des sandwichs à tous les repas…

Le contrat d’Engagement Educatif permet donc de vendre des séjours à prix d’or avec du personnel payé 1 € de l’heure. 


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